HURIEL est BOURBONNAIS

L'histoire d' Huriel

La Donjon d’Huriel est un parallélépipède rectangle dont la base mesure 12 mètres sur 10,20 mètres. La hauteur atteint 24,60 mètres au parapet.

Coiffé de sa « Toque » (toit à quatre pans) l’édifice mesurait 33 mètres environ. La construction repose sur un terre-plein de 25 mètres de côté

.

Le sous-sol de cette motte est de nature inconnue, mais elle présente une résistance considérable puisqu’il supporte la tour dont on a estimé le volume de pierre à 2.050 m3 et le poids à 4.100 tonnes.

Les tremblements de terre de la région montluçonnaise survenus en 1730 et 1732 ne l’ont pas ébranlé. La tour a ses quatre faces identiques ; deux retraits de faible profondeur divisent la tour en trois portions superposées. Le matériau utilisé est du granit ; il se peut que ce granit ait été extrait de Jarges (commune d’Archignat).

L’épaisseur de la muraille est considérable, 2,10 mètres à 2,30 à la base. L’épaisseur diminue pour les parties supérieures : 1,90 mètre au second, 1 mètre au troisième.

La face tournée vers la ville est flanquée par une tourelle construite en 1903. De section carrée, elle renferme la vis de 106 marches. L’architecte G. Darcy a élevé cette tourelle à la demande de la municipalité.

En 1879, l’achat de la Toque par la commune était subordonné à son adaptation intérieure utilitaire, recevoir la justice de paix au premier étage, la mairie au second, la société de musique au troisième et la bibliothèque tout en haut.

La municipalité arguant que les allées et venues permanentes tout au long de l’escalier prévu pour desservir les salles créeraient des troubles, Darcy ne put placer l’escalier qu’à l’extérieur, enfermé dans une tourelle carrée.

L’élément archéologique très important est la suite des séries de trous de boulins. En examinant la tour dans son ensemble, on constate que le hourd inférieur restait limité à la face jardin. Tout au contraire, le hourd supérieur parcourt les quatre faces, son plancher se trouvant à la hauteur de 13,40 mètres et le faîte de son toit à près de 19 mètres. Ce hourd constituait ainsi un système défensif permanent auquel l’on accédait par une porte en arc double située sur la face ville, actuellement murée et par une seconde porte encore ouverte sur la face jardin.

Les sablières horizontales poussées vers l’extérieur par les trous de boulins, supportent le plancher ; elles sont étayées par les jambes de force. La charpente du toit recouvre le hourd qui est clos par des planches entre lesquelles les archères sont ménagées. L’espace laissé libre entre le mur et le plancher sert à laisser tomber des masses lourdes sur l’assaillant. l’accès au hourd s’effectue par les baies dont les seuils sont au niveau du plancher.

construction du donjon de la Toque construction du donjon de la Toque construction du donjon de la Toque construction du donjon de la Toque 1ère partie année 1220 2ème partie année 1248 3ème partie année 1350 Fenêtres à meneaux année 1600 Commentaires et dessins tirés du livre de Pierre Pizon "LA TOQUE D'HURIEL" Les Imprimeries Réunis - Moulins Yzeure - 1984

L'histoire du château

Vraisemblablement entreprise par la famille des Humbaud d'Huriel, la construction de ce donjon commence à l'orée du XIIème siècle, la tour de pierre remplaçant une simple tour charpentée

.

Avec le perfectionnement des armes de jet, on augmente une première fois la hauteur du 1er bloc vers le milieu du XIIème siècle, avant de lui donner son élévation définitive ( 24 mètres au parapet ) à fin du XIIème ou au début du XIIIème siècle.

Une galerie en bois couverte – le hourd – qui ceinturait l'édifice à mi-hauteur, permettait des rondes et couvrait le pied de la muraille.

Au XIIIème siècle, on entoure la ville de remparts, et des fossés inondables sont creusés autour de la Toque, laissant la tour isolée sur son îlot, uniquement relié à la ville par deux ponts amovibles.

A la fin de la guerre de Cent ans, la Toque perd son intérêt stratégique pour le roi de France : la ville close dominée par le donjon était situé jusqu'alors sur la frontière du comté de la Marche, allié traditionnel des ducs de Guyenne, rois d'Angleterre.

Jean II de Brosse, seigneur des lieux, décide donc de rendre son donjon plus habitable : il le coiffe d'un toit à 4 pans, le flanque de 4 tourelles reliées entre elles par une enceinte à chaque angle et lui ajoute des dépendances.

Voilà la vieille tour devenue agréable résidence ! Cette campagne se double d'aménagements intérieurs : on perce les grandes fenêtres à meneaux, on construit les cheminées à hottes des étages, et un début d'escalier entre les salles qui remplace l'ancien système d'échelles.

Après le départ au XVIème siècle de la famille de Brosse, la Toque connaîtra de nombreux propriétaires, le manque d'intérêt de ces derniers provoquant la ruine progressive de l'enceinte et des tours. A partir de 1779, jusqu’en 1879, les fossés seront comblés ( en raison des épidémies qu'ils provoquent), et les remparts démolis. La Municipalité, nouvelle propriétaire du Donjon ( depuis 1879, le classement Monument Historique intervenant en 1885), arrive juste à temps pour sauver deux des quatre tours

. Elle entreprend avec l'architecte Darcy, une vaste campagne de restauration en 1903 : le toit est démoli, et remplacé par une terrasse qui offre un des plus beaux panoramas du Bourbonnais. On construit aussi une tourelle d'escalier, qui permet d'accéder aux étages et après une montée de 105 marches, à la terrasse.

Un siècle plus tard, le Donjon appartient toujours à la commune, qui assure sa conservation ainsi que celle de l'Eglise Notre-Dame : il abrite un musée de la Vigne et du Moyen-Age dans trois de ses salles, et accueille dans les deux salles restantes des expositions estivales.

La ville Huriel :

La ville d'Huriel reprend au XIXème siècle les armoiries de la famille de Brosse (1265-1514) dans son blason : « d'azur à trois brosses ou ».gerbes de blé d'or, liées de gueules Cette famille est restée dans la mémoire populaire comme la plus célèbre des maisons seigneuriales huriéloises. Le fait s'explique par la valeur et le renom militaires de certains de ses membres ainsi que la présence jusqu'à la Révolution de leur mausolée familial dans l'ancienne église collégiale Saint Martin d'Huriel, aujourd'hui disparue. On peut toujours voir au musée l'unique vestige de cette nécropole : le gisant de Pierre Ier de Brosse, seigneur d'Huriel.
Parmi les membres de cette illustre famille, nous citerons:
* Roger de Brosse :
chevalier valeureux, il participa à la Croisade de 1248 (sous Saint Louis). L'un de ses fils, Guillaume fût évêque de Meaux, du Puy, de Bourges (dont il consacra la cathédrale en 1334).
* Jean Ier de Brosse :
S'illustra dans la carrière des armes sous les ordres de Jeanne d’Arc. Il était présent au sacre de Charles VII à Reims en 1429 et aux côtés de Jeanne d’Arc quand celle-ci fut faite prisonnière.
* Jean II de Brosse :
homme de guerre comme son père, il s'illustra en Normandie aux diverses batailles et sièges qui marquèrent la fin de la guerre de cent ans.