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Saint-Sauvier

L'Allier pittoresque: histoire, géographie, statistique et biographie du Bourbonnais(1858) Par Théodore de Jolimont

Saint-Sauvier.- Étendue, 3,147 hectares; - population, i,190 habitants;:-- maisons, 246. Cette commune, partagée eu deux autrefois, dépendait pour une partie 'du, Beri,et était soumise à la juridiction du seigneur;Je la Roche-Guillebaut, et, pour l'autre partie du Bourbonnais, était soumise à (a juridiction du seigneur de Vieilleville. Pendant la première Révolution française, réunie toute entière au département de l'Allier, elle fut érigée en chef lieu de canton et depuis annexée définitivement au canton d'Huriel; elle en est une des communes les plus importante, tant par w population que par ses produits qui consistent en froment, seigle, sarrasin, chanvre, beaucoup de châtaignes qui sont exportées,en fruits dont on fuit du cidre; on y trouve des bois taillis et des futaies qui produisent des bois merrains; des sabots, du charbon„etc. ; le gibier, les chevreuils et les sangliers y abondent.

Dans un hameau appelé Saint-Rémi, dépendant de cette commune, il existait près d'une source une chapelle sous le litre de Notre -Dame-des-Pierres, où il s *était établi une rituelle qui avait lieu tous les ans, le 24 juin. Là. au milieu' des fêtes, des plaisirs, des bombances de tout genre, la foule de pèlerins se portait auprès d'une mare, formée par l'eau de la fontaine, et plus de cent femmes, les jupons retroussés au­dessus des genoux, barbotaient dans cette eau bourbeuse, troublée par leurs piétinements, s'en lavaient (les jambes, les bras, les épaules, les seins; c'était des vieilles , ridées, que la vie allait quitter; des jeunes filles dévorées par trop de vie; des nouvelles épouses qui y puisaient l'espérance ; des nuées d'enfants plongés nus dans l'onde glaciale, enfin une foule d'infirmes, de boiteux, manchots, perclus, aveugles, etc., s'agitant tous avec plus ou moins de foi dans ce bain qui devait les régénérer. En -1827 ou 1828, l'autorité civile et ecclésiastique a défendu ce pèlerinage et interdit la chapelle. Depuis quelque temps, une foire où l'on loue des domestiques a remplacé le même jour et au même lieu l'ancien pèlerinage.

L'église de Saint-Sauvier remonte à la fin du suie ou au commencement du XIII siècle, son clocher a trente-deux mètres d'élévation. A deux myria mètre quatre kilomètres de Montluçon-,- Le cas de Saint-Sauvier, près de Boussac, qui avait fait couler beau­coup d'encre lors des négociations entre députés des futurs départements de la Creuse et de l'Allier (cf. section I), n'était par contre pas définitivement réglé. Le clocher étant dans la partie berrichonne et non bourbonnaise de la paroisse, celle-ci avait été dans son intégralité incluse dans le district de Boussac. Les députés de Montluçon violèrent cependant ces accords et l'érigèrent en chef-lieu de canton de leur district, ce qui suscita immédia­tement l'adhésion des habitants de Saint-Sauvier. Malgré une pétition de l'assemblée du département de Guéret à l'Assemblée nationale pour protester contre cette usurpation, !a commune litigieuse fut attribuée au district de Montluçon, la population ayant penché en leur faveur suite à leur habile manaeuvre=~ Le sous-préfet de l'arrondissement de Boussac revint à la charge par un courrier adressé au préfet du département de la Creuse du 20 fructidor an VIII.

L’église, construite à partir du XIIe siècle au centre de l’ancien cimetière, est dédiée à Saint Salvère, nom dérivé de Saint Sauvier. Difficile à identifier, son patron pourrait être un saint moine ou ermite célébré dans les diocèses de Bourges et Nevers. En effet, comme plusieurs communes du canton, le village de Saint-Sauvier, proche de la Creuse mais berrichon pendant des siècles, n’intègre officiellement l’Allier qu’en 1790. Remaniée à plusieurs reprises, l’église Saint Salvère date de plusieurs époques : la nef et le choeur sont d’origine tandis que le clocher a été édifié aux XIIIe et XIVe siècles. Au XIXe siècle, en fort mauvais état, elle est interdite au culte pour rénovation et les chapelles latérales du transept sont construites. Jusqu’au XXe siècle, les deux principales modifications apportées à l’édifice portent sur le chevet rectangulaire qui est allongé et arrondi, ainsi que sur la longue nef qui est raccourcie pour des commodités de circulation extérieure. La façade occidentale, très simple, comporte un porche d’entrée roman et au sommet du pignon, une croix reprise sur les chapelles latérales du transept. L’église Saint Salvère a la particularité de posséder une avant-nef. Celle-ci se compose d’un plafond de charpente en bois. En entrant, on est surpris par la clarté de l’église. Après l’arc brisé, on accède à la nef qui ressemble à un couloir voûté en berceau un peu plus étroit et plus bas que la partie précédente. Elle supporte le fin clocher qui culmine à 33 mètres, ce qui en fait un des plus hauts de la région. Le léger penchement de la flèche est attribué à une légende locale, selon laquelle la belle cloche de Sidiailles qui, ayant suscité la jalousie de ses soeurs de Saint Sauvier, Saint Palais et Préveranges, se serait retrouvée projetée contre le clocher à son retour de Rome à Pâques. On trouve également dans cette nef le testament lapidaire de Marguerite le Groing du XVe siècle, classé Objet Historique. Les Le Groing furent une famille noble franco-espagnole du XVIIIe siècle ayant possédé de nombreuses seigneuries parmi lesquelles le village de Saint-Sauvier. L’arc suivant est lui en plein-cintre et permet d’accéder au transept flanqué de ses deux chapelles latérales avec autels en pierre blanche sculptée et de nombreuses statues de saints. Elles présentent toutes deux sur leur mur ouest les marques de portes murées. La sacristie, à gauche, date du XIXe siècle. Le choeur, semi circulaire et dont l’entrée est marquée par deux colonnes à chapiteau, comporte un remarquable maître autel sculpté en pierre des Charentes datant du XIXe siècle. Au sommet, un Christ en croix.