Cartes postales Anciennes Chambèrat

Eglise de Chambèrat en pays d'Huriel en Bourbonnais

La première pierre de l’église de Chambérat est posée le 12 mai 1867, jour de fête du patronage de Saint Joseph1. Elle vient alors remplacer l’église paroissiale Saint Marcel située dans l’ancien village de Nocq* puis la chapelle de secours construite à Pardeux, toutes deux devenues successivement trop petites et trop vétustes

. Un an plus tard le choeur, le transept et ses deux chapelles latérales, ainsi qu’une partie de la nef sont terminés. La bénédiction de l’église a lieu à la Toussaint 1868. En 1869, on achève la nef et les bases du clocher. L’édifice appartient au style néo-gothique, qui reprend au XIXe les caractéristiques de l’architecture gothique2 (fin XIIe - début XVIe siècle) en employant des techniques et des matériaux modernes.

On y accède par un porche qui porte une tour-clocher surmontée d’une flèche en ardoise. Les contreforts d’angle et les pinacles3 qui flanquent l’entrée, ainsi que la balustrade ajourée d’ouvertures quadrilobées, sont des témoins du style gothique. Au porche succède une nef voûtée en berceau. Depuis la tribune au-dessus de la porte d’entrée, Notre Dame du Sacré-Coeur d’Issoudun éclairée par le vitrail en forme de rosace embrasse du regard tout l’édifice. Le transept comprend deux autels : celui de la Vierge dans la chapelle Ouest avec un bas-relief représentant la fuite en Egypte4, et celui de Saint Joseph dans la chapelle Est

. Le choeur, in

habituellement orienté au nord, est flanqué de deux sacristies. Le maître autel est dédié à Saint Joseph. Autrefois entièrement peint, l’édifice présente encore quelques beaux vestiges avec les voûtes du choeur semées d’étoiles, les inscriptions latines du transept ou les motifs voués à l’Immaculée Conception5 des murs de la nef. Les seize vitraux presque tous consacrés à Saint Joseph constituent une collection d’une très grande rareté.

Dans le choeur, on retrouve la Sainte Famille (oeuvre de Stelz de Nancy en 1868). La chapelle Ouest présente notamment la légende du mariage de la Vierge et la Nativité6. Dans la Partie Est, on peut voir la Fuite en Egypte, la mort de Saint Joseph et son Assomption.

La nef comprend, entre autres, l’adoration des bergers et des Rois Mages7 ou encore Joseph charpentier. On peut également y voir, à l’Est, Saint Joseph au-dessus de la basilique Saint-Pierre de Rome au Vatican, et à l’Ouest Saint Joseph au-dessus de l’église de Chambérat.

Nocq, un village disparu

Marie BOURZEAU, mon arrière grand-mère, côté paternel (la mère de Jean REMY), naquit à Saint Désiré, en 1876. Ses parents et ascendants étaient de ce village et des communes avoisinantes: Courçais, Saint Sauvier, Mesples, Viplaix. Un nombre important d’entre eux étaient, par contre, nés, mariés ou décédés dans une commune inconnue, Nocq. Le plus ancien mariage connu, célébré à Nocq, celui de François ALAMY et de Marguerite BIZET, date de 1679.

Où était donc Nocq ?

Et bien, ce village faisait partie de la commune actuelle de Chambérat, et les deux hameaux existèrent jusqu’en 1843, date de la disparition du premier. A noter qu’entre les deux, il existe un lieu-dit Bourzeau .... Le nom de Nocq apparaît pour la première fois en 637, village médiéval succédant à un oppidum (*) Gaulois, installé sur un plateau entouré de ravins.

L’église de Nocq appartenait à l’abbaye de Saint Denis, entre les "confiscations" diverses, telles celles de Charles Martel et des envahisseurs Magyars et Hongrois du 10e siècle. Au 19e, les défenses naturelles n’étant plus aussi importantes, les habitants se déplacèrent vers le vieux bourg de Chambérat, et Nocq tomba littéralement à l’abandon. Seule l’église Saint Marcel demeura, jusqu’à sa démolition, en 1920.

Quant à Chambérat, son origine semble aussi très ancienne, car si le prieuré de Chambérat a été fondé en 1050, la foire semble remonter aux Gaulois. La "Chambérat", qui se tient le 15 Août, était à l’origine une foire aux chevaux, avant d’évoluer vers les melons et le fameux fromage. L’élevage des chevaux est maintenant remplacé par celui des autruches et des emeus ! La commune de Chambérat fut le théatre d’une insurrection républicaine en 1849, dirigée contre le futur Napoléon III. Pour appuyer une émeute parisienne, le frère d’un représentant de l’Allier à Paris, Philippe Fargin-Fayolle, dit Sommerat, lance un vibrant appel à la défense de la Patrie et de la Liberté. Quinze cents républicains se réunissent alors en pleine campagne, au lieu-dit la Brande des Mottes, choisi à cause de son isolement. Les insurgés, armés de fusils, de piques et de faux, se préparent à marcher sur Montluçon où ils doivent rejoindre les biachets (habitants de Désertines) qui participent à la révolte. En chemin, ils sèment la terreur et commettent diverses exactions, sous l’effet de l’exaltation et l’alcool, jusqu’à ce que Sommerat apprenne que tout est terminé à Paris et demande à ses amis de rentrer chez eux. Quelques dizaines de participants seront jugés et acquittés, Sommerat étant, lui, condamné à 5 ans de déportation. * Oppidum: village fortifiéhttp:Reference//www.christian-remy.net/nocq.htm